Synopsis

Gaspésie, été 1969. Le jeune Bernard Lortie, 19 ans et fils de pêcheur, débarque à Percé pour trouver du travail. Il fait la connaissance de Francis Simard, Paul et Jacques Rose, militants indépendantistes venus ouvrir un restaurant, La Maison du Pêcheur, dans le but d’accueillir et de politiser les jeunes Québécois.

Des hippies des quatre coins de la province convergent bientôt vers Percé, mais leur présence dérange les autorités locales. La tension monte et les esprits s’échauffent.

Les événements de l’été 1969 à Percé sont à l’origine de la création de la cellule Chénier liée au Front de libération du Québec – dont feront partie Bernard Lortie, Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard - et vont mener à la Crise d’octobre.

Fiction - 01

Le père de Bernard est un pêcheur de poisson de fond.

Réalité - 01

Le père de Bernard était un employé du Cégep de Gaspé, où il veillait, entre autres, à l’entretien des fournaises.

Fiction - 02

La Maison du Pêcheur, occupée par les frères Rose, Francis Simard et leurs sympathisants, se trouve à quelques kilomètres du quai de Percé.

Réalité - 02

La Maison du Pêcheur n’était pas située sur l’emplacement où elle a été reconstruite pour les besoins du film. Elle se trouvait en fait juste à côté du quai. Toujours debout, le bâtiment a été légèrement déplacé et complètement rénové; il abrite aujourd’hui le restaurant La Maison du Pêcheur.

Fiction - 03

Bernard Lortie fréquente une jeune fille qui s’appelle Geneviève et qui travaille au Percé Rock Hotel.

Réalité - 03

Durant l’été 1969, Bernard Lortie n’avait pas de petite amie.

Fiction - 04

Les personnages de Geneviève Richer (l’amoureuse de Bernard), André Duguay (principal antagoniste), Gabriel Boudreau (menuisier joué par Kevin Parent) et Lison Hébert (une hippie en visite à Percé) sont fictifs. Certains d’entre eux ont tout de même été développés à partir de personnes présentes à Percé lors de l’été 1969.

Réalité - 04

Bernard Lortie, Francis Simard et Jacques Rose existent bel et bien et furent les principaux acteurs de la Crise d’octobre, en 1970.

Fiction - 05

Pour forcer les jeunes à partir, un groupe d’individus de Percé brûle les tentes autour de la Maison du Pêcheur.

Réalité - 05

Aucune tente n’a été incendiée. Toutefois, à l’automne 70, la seconde Maison du Pêcheur – qui était située dans le secteur du cap Rouge, quelques kilomètres au sud-ouest du centre de Percé – a été brûlée peu avant l’entrée en vigueur de la loi sur les mesures de guerre. Le mystère plane toujours aujourd’hui quant à la cause exacte de cet incendie.

Fiction - 06

Lors de l’expulsion des jeunes de la Maison du Pêcheur par leurs opposants, certaines personnes sont évacuées juste à temps par une porte se trouvant sur le côté du bâtiment, et le juke-box est fracassé à coups de hache.

Réalité - 06

Entre 60 et 70 personnes se trouvaient dans le bâtiment à l’arrivée des opposants. Elles ont eu droit à des jets beaucoup plus forts que dans le long métrage. En réalité, deux expulsions à l’aide de boyaux d’incendie ont eu lieu à une dizaine de jours d’intervalle entre la fin de juillet et le début d’août 1969.

Fiction - 07

Un camping est situé juste à côté de la Maison du Pêcheur.

Réalité - 07

Une maison ainsi qu’une épicerie étaient voisines de la Maison du Pêcheur.

Richard Séguin

Le chanteur Richard Séguin, qui signe la chanson que l’on peut entendre pendant le générique de fin du long métrage, l’a intitulée Vague de fond, une drôle de coïncidence, car ce titre a failli être celui du film, chose que l’auteur-compositeur-interprète ignorait.

Jean-François Poulin

Le comédien, chanteur et musicien Jean-François Poulin devait porter une perruque ainsi qu’un chapeau de cuir de l’époque unique en son genre pour personnifier le rôle de Docteur, chansonnier de La Maison du Pêcheur. Le département des costumes détient habituellement une réplique des vêtements que portent les interprètes, au cas où, mais le couvre-chef de Docteur était si rare qu’il n’y en avait qu’un seul exemplaire. Lors du tout premier jour de tournage de Jean-François Poulin sur le quai de Percé, son chapeau s’est envolé et est tombé dans l’eau. Les techniciens et les gens présents ont tenté de récupérer le chapeau par tous les moyens possibles. Ils ont heureusement réussi à mettre la main dessus, et la scène a pu être tournée comme prévu!

Gabriel Boudreau

Gabriel Boudreau, personnage interprété par Kevin Parent, portait lui aussi un couvre-chef rarissime : une casquette de pêcheur typique de l’époque qui, à l’instar du chapeau de Docteur, n’était disponible qu’en un seul exemplaire. La casquette fut égarée pendant le tournage et en retrouver une semblable est devenu dès lors indispensable afin d’être " raccord " avec les scènes déjà tournées. La valeureuse équipe du département des costumes n’a fait ni une ni deux : elle a appelé partout dans la région, et une casquette identique a pu être trouvée dans un foyer gaspésien.

Figurants

Parmi les figurants du film se trouvait un couple de jeunes Français dans la vingtaine venu faire le tour de la Gaspésie sur le pouce. Ils ont entendu parler du tournage, se sont présentés sur place et ont été engagés pour faire de la figuration pendant une semaine, ce qui leur a permis d’avoir plus d’argent de poche pour compléter leur voyage, avec un cours accéléré sur l’histoire du Québec en prime!

Véhicules

Freins en mauvais état, portes défectueuses empêchant les comédiens de sortir de la voiture… certains des véhicules d’époque trouvés pour le long métrage fonctionnaient plus ou moins bien, ce qui a compliqué les choses lors du tournage. Heureusement, il n’y a pas eu d’incident majeur! Ces automobiles appartenaient pour la plupart à des particuliers de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick. Trouver ces voitures, sans compter quelques bateaux de pêche de l’époque, s’est avéré être une longue recherche pour le département artistique.

Vêtements portés

Tous les vêtements portés par les comédiens et figurants de La Maison du Pêcheur ont été choisis avec soin par Michèle Hamel, créatrice des costumes, non seulement pour respecter le style de l’époque, mais également pour faire ressortir différents niveaux de contraste à l’écran, comme le film a été tourné en noir et blanc. La distribution comptait 88 rôles et plus de 300 figurants; une tâche quotidienne énorme pour les costumières et habilleuses oeuvrant pour le long métrage.

Voitures de police

Les trois voitures de police d’époque trouvées pour le tournage arboraient toutes des couleurs différentes. L’une était bleue, une autre, kaki, et la troisième était noire. Tourner le film en noir et blanc a permis de contourner ce problème. S’il avait été filmé en couleurs, il aurait fallu repeindre complètement les voitures!

Noir et blanc

Sur le plan formel, l’utilisation du noir et blanc a permis de rendre avec plus de vraisemblance le village de Percé tel qu’il était à la fin des années 60. Aujourd’hui, la plupart des bâtiments que l’on retrouve là-bas sont très colorés, alors qu’à l’époque, les maisons de pêcheurs, en plus d’être très modestes, étaient construites avec des bardeaux de couleur grise, délavés par le sel, le soleil et le vent. L’équipe des décors a cependant modifié les couleurs de certains bâtiments pour accentuer le contraste en noir et blanc. Quant à la Maison du Pêcheur, elle fut totalement reconstruite à l’image de l’originale, qui était située près du quai de Percé et qui est aujourd’hui devenue le restaurant du même nom.

Mot du réalisateur

Alain Chartrand

La Maison du Pêcheur est une chronique historique de l’été ’69 où Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard se sont installés à Percé pour sensibiliser les jeunes aux problèmes sociopolitiques du Québec. C’est en quelque sorte la genèse de la cellule felquiste qu’ils formeront peu après, avec le Gaspésien Bernard Lortie, venu à Percé pour y trouver du travail.

Le scénario de La Maison du Pêcheur est raconté du point de vue de ce fils de pêcheur, qui trouvera dans le discours et les actions de Paul, Jacques et Francis une réponse aux injustices sociales dont il est témoin - particulièrement à l’égard de son père, qui a dû abandonner son métier de pêcheur pour des raisons économiques. C’est à travers lui que nous découvrons le profond engagement politique des trois jeunes idéalistes venus de Montréal.

Le groupe des trois montréalais, comme beaucoup de contestataires dans la vingtaine, croyait pouvoir changer la société. Ils voulaient conscientiser les jeunes dans toutes les régions du Québec pour faire avancer la cause de l’indépendance et du socialisme.

La première étape de leur plan fut un séjour à Percé. Les trois mois qu’ils y ont vécu n’ont pas donné les résultats souhaités. Un manque de connaissance du milieu et des conflits avec les autorités municipales font échouer leur tentative. Cet échec les poussera à changer de tactique. Bernard se joindra à eux pour former la cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ), ne croyant plus que "la révolution tranquille" soit suffisante pour faire avancer les choses.

S’attachant à la révolte d’une jeunesse qui voulait changer le monde, le récit exprime le conflit idéologique qui se creusait entre les générations et entre la ville et les régions. La ferveur révolutionnaire de ces jeunes s’inscrivait, par ailleurs, dans un mouvement international de contestation qui régnait tant chez les étudiants qu’au sein de la classe ouvrière, dans tout l’Occident.

Il s’agit d’un scénario basé sur des faits historiques, inspiré par les personnes qui ont véritablement vécu les événements relatés. Certains personnages sont cependant entièrement imaginaires.

Alain Chartrand
Réalisateur, Scénariste
Août 2013

Mot du scénariste

Jacques Bérubé

Ce film représente pour moi l’aboutissement de dix années de travail de recherche et d’écriture, d’abord seul, puis en collaboration avec Alain Chartrand et Mario Bolduc. Dix ans de travail, mais, dans les faits, c’est un rêve que je nourrissais depuis… 1985, à la suite d’un souper de crabe avec Paul Rose, qui m’avait alors parlé de la Maison du pêcheur pour la première fois. Vingt-sept ans plus tard, un film se tournait à Percé, et 43 ans après les événements de 1969, Paul Rose assistait avec ses enfants Félix et Rosalie à quelques jours de tournage.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont confié leur petit bout d’histoire, leur petite pièce de casse-tête, pour que je puisse reconstituer cette page méconnue de notre histoire sociopolitique.

Je suis fier de faire partie d’une formidable équipe qui accouche d’un film qui présente les « commettants » de la Crise d’octobre 1970, dans une perspective plus humaine, autre que celle qui a été véhiculée par les médias. Je dédie mon travail dans ce film à mon ami pour toujours Paul Rose, à sa conjointe Andrée, à ses enfants Félix et Rosalie, et à son frère Jacques.

Merci à Vic Pelletier pour sa passion, sa patience et sa fidélité; merci aux producteurs Jean-Roch Marcotte et Vincent Leroux, et à mes complices d’écriture Alain et Mario.

Merci à Mikhaïl, Vincent-Guillaume, Benoît et Charles-Alexandre pour avoir si bien incarné nos quatre jeunes révolutionnaires.

Que le film La Maison du pêcheur ranime les débats, la recherche de la vérité et la quête de justice, de liberté et d’indépendance.

Jacques Bérubé
Recherchiste et scénariste
Août 2013

Mot du scénariste

Mario Bolduc

La Maison du pêcheur a été pour moi une aventure d’écriture très stimulante, qui m’a permis de travailler pour la première fois avec Alain Chartrand et Jacques Bérubé. Tous les deux n’ont pas hésité à me nourrir de leur enthousiasme pour ce projet. Merci pour votre générosité.

Je remercie aussi les acteurs et l’équipe technique qui ont donné vie à notre scénario, ainsi que les producteurs Vic Pelletier et Jean-Roch Marcotte qui n’ont jamais cessé de croire en ce film et, surtout, qui n’ont pas hésité à impliquer les scénaristes à toutes les étapes de la production.

Mario Bolduc
Scénariste
Août 2013

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